Les Lieux

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Les Terres Pauvres du Chaos

" Dans ces directions se dressait la chaîne montagneuse des Terres Pauvres du Chaos. Les monts dentés barraient l'horizon. Et derrière verdoyait le premier soleil d'Ivalia qui amorçait lentement mais sûrement son ellipse dans le ciel, tandis que son compère disparaissait à l'ouest. La chaîne montagneuse semblait gigantesque, s'étirant tel un bras de titan jaillissant du nord dont la main ouverte venait s'incurver au sud pour pointer vers l'ouest, tout en longeant la cuvette de l'Etrange Marais. Ce qui frappait de prime abord, s'en était l'absence de végétation, rien que de la rocaille virant de l'ocre au brun, en passant par des teintes grisâtres au plus sombre. Les montagnes des Terres Pauvres du Chaos ne se présentaient guère accueillantes. Comme leur nom l'évoquait suffisamment, la vie ne devait pas y être plaisante. Au point que l'on pouvait se demander comment des créatures avaient l'audace d'y subsister. Et pourtant, c'était là-bas, derrière les cimes acérées et les montagnes désertiques que se nichaient les trois Vallées Rougeoyantes. "
Cycle d'Ivalia, Livre III, Chapitre VI.

" Un désert en relief de pierres et de poussières, un havre de non vie figé dans une posture tourmentée qui ne donnait pas vraiment l'envie d'y débarquer. Vallées étriquées, versants défoncés, et sommets acérés. Difficile d'imaginer des êtres vivants batifoler dans un tel paysage décharné. "
Cycle d'Ivalia, Livre III, Chapitre VIII.

Les Terres Magiques de l'Oubli

Les Forêts :
" La troupe apparut au cœur de ce qui ressemblait à une immense forêt tropicale. De grands arbres garnis d'innombrables feuilles et de fleurs aux couleurs de l'arc-en-ciel s'élançaient à perte de vue vers une voûte céleste inaccessible dont ne filtrait qu'une pâle lumière verdâtre au travers d'une nasse de branchages majestueux. ... La végétation s'était développée de manière chaotique et désordonnée pour atteindre des proportions gigantesques et oppressantes. ... La troupe progressait lentement sur un tapis d'herbe rousse de haute taille, entre les troncs suintants d'arbres énormes et tortueux. Des chants étranges d'oiseaux tout aussi perturbants ponctuaient les clapotis des chausses pataugeant sur le sol spongieux de la forêt. Les volatiles se paraient de couleurs chamarrées. Certains avaient même deux têtes moqueuses et pépiantes. Ils regardaient avec curiosité ces intrus à l'apparence incongrue. Ces piaillements avaient le don d'irriter Alvégor qui n'en finissait pas de râler en se traînant maladroitement."
Cycle d'Ivalia, Livre I, Chapitre II.

La citadelle du Bois des Sages :
" Le relief était devenu de plus en plus vallonné au fur et à mesure que l'expédition progressait au travers de l'immense forêt. Du plateau, les bois recouvraient maintenant une succession de collines interminables qui descendaient… Lorsqu'ils débouchèrent sur un promontoire dégagé en haut duquel la végétation n'entravait plus l'horizon, ils découvrirent stupéfaits la forteresse du Gardien du Bois des Sages. Le Fulpois ne leur avait pas menti. Au milieu de ce paysage bosselé jaillissait du tapis forestier un énorme et massif pilier aux dimensions démesurées. Il s'élevait telle une flèche au travers des cieux. En son sommet, situé à près de quatre cents mètres de hauteur, on pouvait faiblement distinguer une plate-forme sur laquelle se dressait encore une tour d'architecture médiévale. De là haut on devait pouvoir surveiller à des dizaines de lieues à la ronde. La colonne et sa forteresse se dressaient comme un phare gigantesque au milieu d'une mer végétale agitée… "
Cycle d'Ivalia, Livre I, Chapitre XI.


L'Etrange Marais

"L'Etrange Marais. De l'extérieur, on ne pouvait en voir qu'une brume épaisse qui noyait quasiment tout. Celle-ci s'élevait sur plusieurs dizaines de mètres de hauteur, avant de laisser enfin place au ciel et aux rayons lumineux. Les marais occupaient la totalité de la grande plaine d'Ivalia. Celle-ci s'étendait au cœur d'une vaste dépression comparable au fond plat d'une large cuvette. En fait, elle se situait exactement au milieu du grand continent d'Ivalia. ... De par sa position, la plaine recueillait en abondance les eaux de pluie. Et la terre en était fertile. Autrefois, des champs et des cultures irriguées s'y amoncelaient à perte de vue. La plaine avait été le grenier de la civilisation Raxoise. Depuis, elle n'était plus rien : ce n'était plus qu'un bourbier aveugle où seuls les fous osaient encore s'aventurer. ... D'abord, la brume épaisse limitait la vue à quelques mètres, voire beaucoup moins lorsqu'elle se densifiait. Ensuite, il n'y avait pas de piste. La terre, noyée sous de larges flaques d'eau, ne s'élevait que par intermittence sur quelques promontoires boueux. ... Ça et là, des îlots d'une végétation chaotique émergeaient des étendues d'eau saumâtre. Au milieu de nappes troubles parsemées de sombres nénuphars visqueux, des bosquets de bambous géants s'élançaient maladroitement au travers de la brume à la recherche de la lumière des astres de la voûte céleste. Le brouillard en effet ne laissait filtrer qu'une pâle luminescence qui ne concédait que la prolifération des espèces les plus forcenées. "
Cycle d'Ivalia, Livre II, Chapitre IV


Raxe-la-Cité

« Des centaines de maisons s’entassaient à l’intérieur des grandes murailles qui ceinturaient la cité. Ça et là, de grosses tours ou des édifices imposants s’élevaient de la masse confuse des habitations et jouxtaient les quelques places et larges avenues qu’on pouvait distinguer. Néanmoins la plupart des voies de circulation se constituaient de ruelles étroites et sinueuses. Le plus étrange, c’était que dans tout cet amalgame on ne pouvait rien voir au-delà des remparts. Il n’y avait que le brouillard qui bloquait la vue, la brume étrange des marais qui encerclait la cité. »
Cycle d’Ivalia, Livre I, Chapitre XVII

« Du haut de la terrasse crénelée, on avait une vue imprenable sur toute la cité. Et pour cause, le donjon massif en était le monument le plus élevé. A l’ouest, presque accoudée à la forteresse, s’étendait l’énorme arène antique dont les niveaux s’égrenaient au rythme des colonnes ioniques, doriques et corinthiennes…»

« … Derrière l’arène se prolongeait la rue des Preux, la seule avenue dallée de l’ouest de la cité. De part et d’autres, des quartiers s’amoncelaient les uns contre les autres, traversés comme du gruyère par une fourmilière de ruelles sinueuses et nauséabondes. La rue des Preux s’étirait jusqu’à l’unique porte de la cité. Tout nouveau venu était obligé de l’emprunter, sans autre choix que d’aboutir dans l’arène. Le Ténébreux se souvint de la foule en liesse qui les avait accueillis, alors qu’ils pénétraient dans la cité. Des milliers de citadins surexcités qui s’étaient bousculés pour simplement pouvoir les observer, et qui les considéraient comme leurs sauveurs. Une population d’hystériques, les mêmes sans doute qui s’étaient maintenant rassemblés en masse sur la place qui encerclait la Tour des Supplices, la prison de la cité, dans laquelle le prévôt avait rassemblé tous les membres de l’Ordre Blanc qu’il avait pu capturer. Du haut du donjon, Némesguéric pouvait distinguer la masse grouillante des Raxois qui s’agglutinaient malgré la chaleur harassante de cette journée d’été. Un vent de révolte planait sur la cité. »
Cycle d’Ivalia, Livre II, Chapitre XVI


La Noirâtre


" L'armée traversait le Royaume Sombre en direction de l'Etrange Marais. Pour l'heure elle longeait les murailles noirâtres et imposantes de la troisième Cité Maudite, la dernière et la plus grande des trois cités raxoises à tomber aux mains des Gnoviens, celle-là même dont la chute avait signifié l'effondrement de la république, la capitulation complète puis l'anéantissement des Raxois. Les incendies effroyables qui avaient ravagé la cité avaient laissé leur terrible empreinte sur les pierres des édifices, jusqu'aux pointes des flèches dressées vers le ciel. La ville recouverte de son linceul noir émergeait de la terre craquelée telle une grosse pustule lacérée. "
Cycle d'Ivalia, Livre II, Chapitre II.

Le temple du conciliabule des Falins


" L'armée traversait le Royaume Sombre en direction de l'Etrange Marais. Pour l'heure elle longeait les murailles noirâtres et imposantes de la troisième Cité Maudite, la dernière et la plus grande des trois cités raxoises à tomber aux mains des Gnoviens, celle-là même dont la chute avait signifié l'effondrement de la république, la capitulation complète puis l'anéantissement des Raxois. Les incendies effroyables qui avaient ravagé la cité avaient laissé leur terrible empreinte sur les pierres des édifices, jusqu'aux pointes des flèches dressées vers le ciel. La ville recouverte de son linceul noir émergeait de la terre craquelée telle une grosse pustule lacérée. "
Cycle d'Ivalia, Livre II, Chapitre II.

" Ainsi, la Noirâtre, qui fut auparavant une cité magnifique où l'architecture avait culminé à l'égal du raffinement obséquieux de ses habitants Raxois, s'était décrépie au fil du temps. Les édifices, pour la majorité construits en grosses pierres taillées, avaient survécu bon gré mal gré à l'invasion Gnovienne. Mais l'absence d'entretien alliée à l'inéluctable passage des années avait conduit la cité dans un état de délabrement progressif que plus rien ne semblait pouvoir freiner. Les fiers monuments qui s'étaient élevés avec ostentation se tassaient désormais sur eux-mêmes, s'effondraient par pans entiers, se ruinaient. Les décombres s'amoncelaient dans les demeures abîmées. La Noirâtre offrait une bien pâle image de ce qu'elle avait été. Elle n'était plus que le reflet sombre et fêlé de sa grandeur passée. "
Cycle d'Ivalia, Livre II, Chapitre XIII.


Les Montagnes du Désespoir

"Des traînées nuageuses et jaunes balafraient les teintes verdâtres d'un ciel agité. La lune bleue, seule, culminait au sein d'une rare éclaircie, ses deux compagnes blanches et le soleil restant dissimulées derrière l'épaisse nasse à la couleur ocre jaune. Et sous la voûte menaçante, s'étalait une mer de montagnes enchevêtrées, qui dressaient pêle-mêle leurs cimes enneigées. Les plus hauts sommets, déchiquetés, s'y nimbaient d'un manteau laiteux, qui laissaient place en contrebas à des forêts de grands pins aux épines rouges et orangées. Les arbres grouillant parsemaient le flanc des versants entre des amas de rochers aux silhouettes acérées.
Les montagnes se succédaient à l'infini. Aussi loin que portait l'horizon vers le nord, les monts immobiles s'étiraient les uns derrière les autres. Et toujours dans le ciel les nuages d'ocre venaient caresser leurs arêtes cisaillées, tandis qu'un vent glacé venait soulever des bourrasques de neige en émettant des hurlements angoissés, accompagné inexorablement par le bruissement torturé des épines des pins fouettés. Les créatures d'Ivalia appelaient cette contrée les Montagnes du Désespoir. Cela était sans doute dû aux sifflements stridents de la bise, aux bourrasques tourbillonnant dans les gorges et les précipices, au souffle sec et glacial balayant les vallées étriquées noyées entres les montagnes gigantesques. Ou peut-être était-ce plus simplement à cause du froid qui vous glaçait les tripes, vous mordait la peau et vous agitait de tremblements convulsifs. Mais le climat impitoyable qui régnait sur les monts n'était pas le seul à effrayer le commun des mortels, pour le plonger dans une lente, effrayante et mortelle mélancolie. On disait volontiers que des monstres abominables arpentaient les pentes vertigineuses de ces montagnes, que les grottes et les cavernes constituaient des repaires de prédilection pour les terrifiantes ombres noires, et que les fantômes, les âmes en peine, les spectres et autres créatures sans vie hantaient au rythme des bourrasques les vallées, et sillonnaient sans fin les boyaux et les souterrains qui courraient sous la masse rocheuse des pics pour y cueillir la vie de malheureux égarés. Bref, on ne s'aventurait pas par courage au sein de la chaîne des Montagnes du Désespoir. On ne s'y résignait que lorsque tout espoir avait disparu, et que l'on ne souhaitait plus qu'affronter sa propre mort. Seulement voilà, toutes ces légendes, toutes ces peurs, n'étaient pas seulement le fruit d'inventifs racontars."
Cycle d'Ivalia, Livre III, Chapitre I.