Maîtres & Maîtresses

Voici quelques-uns des puissants régnant sur les contrées d'Ivalia : pour leurs peuples ils sont des héros, pour les autres, ce sont des monstres sanguinaires, des prédateurs impitoyables, et pour tous ce ne sont que des ordures rivalisant de hargne et de cupidité...



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Egrond, le roi des Gnoviens et souverain du Royaume Sombre

« Egrond, le plus terrible de tous les Gnoviens, le plus sanguinaire de tous les rois conquérants qui l’avaient précédé sur le trône, le maître incontesté du Royaume Sombre … et bientôt, le maître d’Ivalia toute entière... Egrond, l’une des plus belles ordures que cette terre n’eut jamais connues… »

« … Cette brute épaisse, géant parmi les siens, caressait de sa grosse main sa longue moustache rouge qui retombait de part et d’autre de sa large bouche aux babines luisantes de graisse. Sa chevelure rousse abondante supportait le poids d’une grossière et haute couronne de platine massive, avant de retomber en désordre sur les épaules métalliques et hérissées de pointes de son imposante armure de bataille, et de s’achever, pour les mèches les plus longues, le long de son torse égalant la circonférence d’un chêne vénérable. Un bracelet d’or ciselé dont le centre représentait un œil circulaire fermé ornait le bras droit du roi, tandis qu’une longue cape de pourpre salie par les campagnes naissait de son cou digne d’un garrot bovin pour s’étaler jusqu’au sol où elle venait traîner ses pans froissés et abîmés. Une hache d’arme impressionnante à lame noirâtre à double tranchant reposait sagement à ses côtés, appuyée contre l’un des accoudoirs monumentaux du siège royal. »

Cycle d’Ivalia, Livre I, Chapitre I


Egriond le Bâtard, rejeton illégitime du roi Egrond

« Un Gnovien à la carrure impressionnante, qui dépassait bien d’une bonne tête l’ensemble de ses semblables, s’avança énergiquement pour grimper sur le mammouth. Le géant mesurait plus de trois mètres de hauteur. Il était bardé d’une armure de plates noires et menaçantes, hérissées de pointes acérées. Dans sa main rugueuse et jaune, il tenait négligemment le manche en bois rouge d’une énorme hache d’armes à la double lame veinée de noir. Egriond, le fils du roi des Gnoviens, monta prestement dans la nacelle de sa monture. Il s’était décidé à mettre fin personnellement au carnage. »

Cycle d’Ivalia, Livre I, Chapitre XV

« Confiant sa monture à son porte-bannière effrayé, Egriond sauta prestement de la nacelle carrée en bois qui surmontait l’animal pour se jeter littéralement sur le tyrannosaure. Pour ce géant de près de quatre mètres de haut, la lourde armure de plates hérissées de pointes qui lui recouvrait le corps semblait aussi légère qu’une fine robe d’été. Le Bâtard atterrit avec grâce sur le dos du reptile parcheminé d’excroissances pointues. Plongé dans un grand désarroi à cause de sa mauvaise blessure, celui-ci tentait maladroitement de se débarrasser de la lance enfoncée sur près de deux mètres à l’intérieur de sa chair. Sa gueule manqua lamentablement le mammouth qui s’enfuit sans demander son reste en trottinant pesamment. Sous les yeux médusés de ses soldats, Egriond se jucha au niveau du crâne de la bête qui hurlait de douleur sans véritablement pouvoir entraver sa progression. Une fois au sommet, le Bâtard leva bien haut vers le ciel son imposante hache d’armes à double tranchant. Les lames veinées de noir étincelèrent dans l’ombre du pilier de la forteresse, avant de s’abattre violemment sur sa victime. La boîte crânienne défoncée et après quelques secondes d’hésitation, le tyrannosaure ahuri s’écroula de tout son long sur le sol jonché de cadavres. Debout sur le corps agonisant du dinosaure, Egriond jubilait. Il était recouvert de la tête aux pieds de grosses gerbes de sang. »

Cycle d’Ivalia, Livre I, Chapitre XVII


Fegdin, le premier conseiller d'Egrond, maître enchanteur des Falins

« Fegdin arborait sa tenue favorite, son horrible robe blanche parsemée de gros points verts. Son chapeau conique aux mêmes motifs et aux larges bords évasés dissimulait sa bouille féline au regard perçant. Il portait les couleurs d’un bouffon et l’habit d’un archimage. Au moins deux fois plus petit que l’énorme roi des Gnoviens qui culminait à quatre mètres de hauteur, l’enchanteur ressemblait à un amuseur nain aux côtés de son maître. Il retira son chapeau pour adresser sa révérence et il s’inclina bien bas vers le sol en exagérant la pose devant son roi dubitatif. Egrond ne savait jamais à quoi s’en tenir avec son premier conseiller. Il avait toujours du mal à distinguer le sérieux de l’ironie dans les propos et la gestuelle de l’enchanteur. A chaque fois qu’ils se rencontraient, il n’arrivait pas à se débarrasser de la désagréable impression que Fegdin se moquait de sa personne. »

Cycle d’Ivalia, Livre I, Chapitre XXX


Gegdin, Flavoux, Ragdin, et les autres Falins


Gielle, princesse des Ailenanes

« Le roi … observa avec intérêt celle qui maintenant s’avançait. Un instant, les colonnes de lumière scintillèrent sur la fine silhouette élancée qui traversa prestement l’atrium et son portique avant de franchir sans hésitation le seuil de la sombre salle où l’attendait le monarque. Gielle s’approcha, illuminant de sa prestance la pièce morose dans laquelle régnait une odeur de sueur insupportable à laquelle se mêlaient les relents du foutre éparpillé sur le sol. L’Ailenane mesurait à peine la moitié de la taille des grands Gnoviens qui composait la cour de sa majesté. Entouré par les lugubres gardes royaux, la princesse faisait figure de naine comparée aux impressionnants guerriers. Mais autant ceux-ci avaient le teint ocre et sale, les cheveux roux et crasseux, autant celle-ci brillait d’une aura qui les rabaissait au rang de vulgaires troupiers… »

« …Gielle haussa irrévérencieusement les épaules en lui adressant une moue malicieuse. Elle n’avait pas l’habitude de se prosterner devant le roi. Son rang de princesse des Ailenanes lui permettait quelques libertés dont elle abusait à satiété. Car pas un seul des officiers Gnoviens présent en ce lieu ne pouvait se permettre une telle incartade. Ses yeux bleu azur se plongèrent avec fermeté dans ceux plus terrifiants du monarque. Sa chevelure blonde ondulée tombait avec grâce sur ses épaules dénudées. La princesse exhibait agressivement son corps mat et ferme, indifférente aux regards avides des barbares qui l’observaient dans l’ombre. Elle ne portait qu’une simple culotte argentée rehaussée d’une ceinture, et deux disques d’or reliés par une lanière de cuir maintenaient sa poitrine plantureuse qui les faisait tous saliver… »

« … Gielle en profita pour s’avancer nonchalamment devant le trône, rejoignant le lieutenant au visage fatigué. Sa main gauche, revêtue d’un gant s’achevant au niveau des doigts par quatre longues griffes tranchantes comme des lames de rasoir, caressait négligemment le pommeau incrusté d’une énorme jacinthe de la fine épée longue retenue à sa ceinture. Dans la moiteur de la pièce, alors que les ombres menaçantes des Gnoviens l’encerclaient, son corps scintillait par intermittence au rythme des bijoux qui la paraient. Des bracelets d’or et d’argent sertis de gemmes encerclaient ses avant-bras fins et musclés tandis qu’une légère couronne dorée ornait le faîte de ses cheveux bouclés. La lame de son épée luisait même de lueurs évanescentes qui se diffusaient subrepticement sur les formes gracieuses de ses jambes élancées. Dans la salle, on n’entendait plus que le souffle rauque des géants subjugués. Le roi et ses officiers étaient suspendus aux lèvres pulpeuses de la petite créature venue les provoquer. Gielle balaya la salle de son regard azuré. »

Cycle d’Ivalia, Livre II, Chapitre XIII


Poupée, Gariace, Rougiane, Châtaigne, et les autres Ailenanes

Poupée

« Les Ailenanes posèrent leurs montures sur la corniche, dans un concert de cris horripilants. Celle qui semblait leur chef n’était pas la même femelle que celle qu’ils avaient rencontrée auparavant, dans la vallée rocailleuse des Montagnes du Désespoir. Au lieu de la garce arrogante aux cheveux châtains, aux grosses fesses nues et à la voix de sergent frustrée, c’était maintenant une guerrière plus fine, plus svelte, à la peau blanche et aux yeux bridés. Son visage était impassible, beau et inquiétant, rehaussé par une chevelure profondément brune et brillante, finement coupée juste au-dessus des épaules. Elle paraissait fière, presque insolente, méprisante. Ses yeux noirs vous transperçaient, sa beauté vous enivrait, mais quelle que soit votre réaction Poupée semblait rester indifférente. Poupée ne laissait jamais transparaître ses sentiments. A l’instar de ses sœurs, elle paradait pratiquement nue. Elle ne portait qu’une fine culotte argentée, surmontée d’une ceinture qui retenait le fourreau de son épée. Des lanières de cuirs dorés encadraient ses seins fermes et ronds pour les mettre en valeur, et dessinaient tout autour de la poitrine et du dos des arabesques qui faisaient ressortir la blancheur éclatante de sa peau. »

Cycle d’Ivalia, Livre III, Chapitre XXIV

Châtaigne

« C’était une grande femelle humaine, aux épaules carrées et aux hanches prononcées. Une longue et abondante tignasse châtain venait lui caresser le dos jusqu’aux prémices de son large fessier. Le vent agressif rougissait sa peau blanche et allégrement dénudée, malgré le froid, pour y former une mosaïque d’écarlate et de petites taches bleutées ou violacées. Elle ne portait, en tout et pour tout, qu’un maigre justaucorps brun qui comprimait avec grande peine une paire de seins ronds et pleins. Son visage décidé, ses traits sévères, et sa posture rigide ne la rendaient pas tellement sympathique, à l’image du trident qu’elle brandissait. »

Cycle d’Ivalia, Livre III, Chapitre XV


La Sainte Laetitia

« La Sainte Laetitia était la seule femelle du peuple des Longs à prétendre au titre de chevalier et à en porter la tenue et les armes. Mieux encore, la pucelle était la suzeraine incontestée de tous les seigneurs et les chevaliers bannerets des trois Vallées Rougeoyantes. Elle était la souveraine du peuple des Longs. Et pourtant, mis à part l’accoutrement dû à son rang, ce n’était apparemment qu’une simple jeune fille grande et maigre, à l’image des créatures de son espèce. Ses hanches larges étaient ainsi compensées par sa grande taille, qui atteignait sans mal les deux mètres et demi de hauteur. Elle dominait de peu le sire Amaury mais restait toutefois inférieure au robuste Grandfer. Comme tous les Longs, sa peau variait du pâle au bleu très clair, et ses prunelles brillaient de teintes orangées. La coiffe de mailles de son haubert ôtée, elle se gaussait d’une longue chevelure brune qui lui descendait jusqu’à mi-dos, la seule frivolité en fait qui lui était permis de s’octroyer. Néanmoins, son visage n’avait pas d’attrait particulier. Ni belle, ni laideron, la Sainte se caractérisait surtout par un long nez fin et d’étroites lèvres bleues et pincées… »

« … la Sainte était revêtue d’un magnifique haubert d’argent aux mailles étincelantes, surmonté d’ailettes de fer au niveau des épaules. Au-dessus de la précieuse armure s’ajoutaient un pourpoint de coton bleu-clair et une cotte d’armes immaculée brodée du sceptre et de l’épée entrecroisés. Ses jambes étaient cintrées de chausses de mailles argentées qui lui retombaient jusqu’aux mollets, pour laisser place ensuite à des chaussures en poulaines à éperons de même matière. Elle portait au fourreau une épée bâtarde à la lame d’argent ciselée de glyphes et de symboles et au pommeau bleu-sombre. Enfin, son poing fermé maintenait le sceptre en argent massif, symbole de son autorité. »

Cycle d’Ivalia, Livre III, Chapitre II


Les sires Amaury, Petitgland, Martelin, Grandfer, et les autres chevaliers Longs

Amaury et Petitgland

« … les sires Amaury et Petitgland, le premier honoré depuis peu du titre pompeux de maître chevalier de Longueville. Ces deux-là appartenaient à l’ordre éminent des protecteurs de la Sainte. Ils en arboraient les armures de plates à jupes d’aciers, rehaussées des fameux tabards immaculés aux armes de la sainte, le sceptre et la lame. Les épaules recouvertes par leurs longues capes de coton blanc qui s’écoulaient jusqu’à leurs pieds, ils chaussaient des solerets, et portaient à la taille fourreaux argentés et épées bâtardes à la garde éclatante. Le port inexorablement altier, les deux chevaliers étaient rasés de près, et se gratifiaient de cheveux bruns et courts. Le front ridé au-dessus d’un visage long aux yeux vifs, le sire Amaury était le plus âgé. Petitgland, plus jeune, s’avérait néanmoins plus petit d’une tête. Il était plus trapu et plus carré, et sa tête et ses yeux se présentaient aussi ronds que ceux de l’autre étaient étirés. Les sourcils broussailleux en sus, la mine enjouée, celui-là avait le sourire facile. »


Grandfer

« …sa tenue contrastait singulièrement avec l’éclat des armures miroitantes de ses interlocuteurs : une brigandine passée de mode aux cotes de fer sombre doublées de feutre jaune à l’intérieur et d’un surcot gris sans attrait à l’extérieur, une jupe de plates jusqu’au haut des cuisses, à laquelle succédaient cuissots, genouillères, grèves et solerets d’un métal aussi noir et peu avenant que la cuirasse. Enfin le guerrier se targuait d’une lourde hache d’armes austère dont la rudesse n’avait d’égale que la grâce du maniement d’une épée bâtarde. Cependant, quand le messager découvrit la tour noire sur champ gris brodée sur le surcot recouvrant le poitrail de la brigandine, il comprit qu’il s’agissait là du vieux seigneur Grandfer en personne, suzerain de la vallée de la Grisemine … Borgne, une large cicatrice lui barrait la joue, traversait son œil gauche fermé et remontait s’évanouir sur son front. Enfin, le vieux seigneur se distinguait encore des autres par une courte chevelure grise, de longs favoris, et une épaisse barbe blanche. »

Cycle d’Ivalia, Livre III, Chapitre II